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Peser sur les décisions

Le plaidoyer représente un volet important des activités du GTD. Ayant pour objectif d'exprimer les revendications des populations qui ne disposent que de peu de moyens pour défendre leurs droits auprès des décideurs, la plateforme met en place des dispositifs pertinents pour atteindre au mieux les objectifs définis.

Le GTD agit dans le cadre de la Convention des Nations-Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULD), seul instrument mis en place pour aborder la question de la désertification. La CNULD est une Convention issue du Sommet de la Terre de Rio de 1992, au même titre que celles de la "Biodiversité" et du "Changement climatique". Elle est aujourd’hui ratifiée par 195 pays mais n’a jusqu’ici réussie à mobiliser que faiblement les gouvernements et l’opinion publique, à la différence des deux autres Conventions "Biodiversité" et Changement climatique", pourtant intimement liées.

En ce sens, le GTD se donne pour mission :

  • d'assurer une veille stratégique, en recueillant activement et pertinemment les informations mobilisables dans les débats en cours sur les scènes politiques;
  • de construire un positionnement propre au réseau, basé sur des points de vue partagés et formulés par un discours cohérent pouvant être porté par le collectif, renforçant ainsi la visibilité et la légitimité du réseau;
  • de participer et contribuer aux événements pour porter la voix de la société civile française auprès des instances internationales, et ce stratégiquement pour impacter au mieux la prise de décision;
  • d'impliquer les politiques et les bailleurs en maintenant un dialogue régulier, voir en les impliquant dans ses actions, afin de faire remonter ses préoccupations parmi leurs priorités.

Représentativité de la société civile

Le GTD élabore et défend les positions de la société civile auprès des décideurs, assure le suivi et contribue aux réflexions et aux négociations en France et à l’international sur le thème de la lutte contre la désertification. Il milite activement pour que la société civile soit présente dans le cadre de ces différentes institutions.

Tant sur le plan du suivi institutionnel que pour le lien avec la société civile, le GTD est le porte parole des acteurs de la société civile française sur la scène internationale: il a été signataire de l’appel de Montpellier lors du forum Désertif’actions en 2006 et 2015, il a contribué à la rédaction de la stratégie française de la Lutte Contre la Désertification (Paris, 2006), il a impulsé des prises de décisions aux différentes Conférence des Parties pour une participation plus efficace de la société civile à la mise en œuvre des actions de la CNULD et il a participé – et continue de participer – aux Conférences des Nations-Unies sur la Lutte Contre la Désertification (campagne « la Convention sans action cause la désertification » à la Conférence des Parties de la CNULD de Madrid en 2007). Toutes ces actions ont notamment permis l'existence d'un panel de 5 représentants des Organisation de la Société Civile à la CNULD et d’un Représentant à l'Interface Science Politique.

Le GTD agit aux côtés du ReSaD (Réseau Sahel Désertification) et de Drynet (Réseau intercontinental de lutte contre la dégradation des terres). La collaboration avec ces réseaux contribue à renforcer le poids de la société civile lors des actions de plaidoyer.

Nouveau concept de "Land Degradation Neutrality"

Dans le cadre de l’adoption des Objectifs du développement durable (ODD), la Neutralité en termes de Dégradation des Terres (NDT ou LDN pour Land Degradation Neutrality) a été identifiée comme l’un des buts à atteindre en 2030 (objectif 15.3). L’objectif du LDN est de:

  • prévenir et réduire la dégradation, ainsi qu’augmenter la restauration des terres dégradées, pour assurer une sécurité alimentaire globale;
  • préserver et restaurer les services rendus par les écosystèmes pour améliorer les conditions de vie des populations.

Dans ce cadre, le GTD a réalisé un certain nombre de travaux visant tout d’abord à mieux comprendre ce concept et à apporter un regard critique sur ses options de mise en œuvre. Différents papiers ont été produits (note de synthèse et document de position) et un chantier thématique est actuellement en cours pour examiner les possibilités de contribution des projets des ONG à l’objectif de LDN.

L’objectif de LDN entre pleinement dans le mandat de la CNULD, mais il est aussi perçu comme un moyen de contribuer à renforcer les synergies avec les deux autres Conventions de Rio (Biodiversité et Changement climatique). Enrayer et inverser la tendance à la dégradation pourrait accroître la biodiversité et les services écosystémiques rendus, renforcer la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique et augmenter la résilience des ressources terrestres et des populations face au changement climatique.

Désertification et changement climatique

Lutter contre la désertification contribue à l’atténuation du changement climatique

La désertification contribue au réchauffement climatique en diminuant la capacité de séquestration du carbone des sols et de la végétation. Les phénomènes propres à la désertification, comme l’érosion des sols et la perte de biodiversité, libèrent environ 300 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année dans les zones sèches, soit une quantité non négligeable. En particulier lorsqu’on y ajoute les pratiques de gestion durables des terres (GDT) utilisées en Lutte Contre la Désertification (LCD), des pratiques économes en énergie et en intrants et donc en émissions de carbone supplémentaires.

Lutter contre la désertification contribue à l’adaptation au changement climatique

La mise en œuvre de systèmes d’exploitation résilients, via les pratiques de GDT, permet d’assurer une production et la sécurité des populations malgré les nouvelles contraintes climatiques, et contribue donc à l’adaptation de ces populations vulnérables. La diversité de ces pratiques, à travers l’agropastoralisme et l’agroécologie, basées sur des savoirs paysans, représentent un potentiel non négligeable pour l’avenir des populations dans les zones arides.

Dans ce cadre, le GTD contribue régulièrement aux discussions sur cette connexion entre désertification et changement climatique, que ce soit à travers la contribution à Désertif'actions 2015, la participation aux Conférence des Parties des Conventions de l'ONU pour porter la question des terres dans les négociations ou à travers la contribution de certains de ses membres à la Commission Climat Développement de Coordination Sud.

A noter !

Selon les prévisions les plus récentes du GIEC, le changement climatique impactera dans les années à venir plus lourdement les zones sèches, en particulier du fait de la raréfaction des ressources en eau et de l’augmentation de la fréquence des aléas climatiques, tels que les sécheresses ou les inondations. La production agricole de certaines zones d’Afrique serait même menacée d’une réduction drastique, de l’ordre de 50%.

La dégradation des espaces et la perte des potentialités économiques figurent parmi les plus puissants moteurs qui alimentent les flux migratoires inter-régionaux et internationaux: on estime à 60 millions les personnes supplémentaires qui vont venir augmenter les 25 millions de réfugiés dits écologiques existants en Afrique d’ici 2020.Augmenter la productivité et la pérennité des terres agricoles contribue à l’endiguement de ces flux de migration, les réfugiés pouvant revenir vivre décemment dans leurs régions respectives.
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